lundi 20 novembre 2017

Valparaíso, bohème enchanteresse

Valpo en quelques mots 




Je vous raconterais bien les couleurs de cette ville qui accueille tags, graffitis ou fresques murales sur chacun de ses centimètres carrés de surface peignable.  Je vous raconterais l’architecture de ce Patrimoine Humanitaire (UNESCO), ancien repère d’une petite bourgeoisie européenne, plus important port de transit sur les routes maritimes reliant l’Atlantique et le Pacifique au temps de la ruée vers l’or, avant l’ère du Canal de Panamá.  Je vous raconterais aussi les odeurs de cette ville crasseuse de pêcheurs, ayant sombré dans l’oubli, la pauvreté, la saleté, dépourvu de sa glorieuse, somptueuse animation, à cause de l’ouverture de ce même canal.

Je vous raconterais les sonorités interpellantes, enivrantes, de ce nouveau berceau de la vie de bohème où ceux qui peignent, jouent aussi d’un instrument de musique, chantent ou dansent, créent pour vivre et vivent pour créer.  Je vous raconterais les délicieux plats aux fruits de mer faits maison, l’allégresse des habitants, des jeunes venus insuffler une vie nouvelle, des anciens ayant résisté aux transformations, aux bouleversements à travers le temps, survivant en même temps aux caprices de ce même temps, aux tremblements de terres, aux tsunamis, aux incendies, pérennisant ainsi l’âme de ces maisons colorées se jouxtant sur 41 collines amarrées.


Je vous raconterais mes « jogging » matinaux sur les interminables escaliers, les funiculaires, les pentes qui défient les vélos à la montée mais aussi à la descente chaque année lors du Valparaíso Cerro Abajo.  Et puis je vous raconterais sans doute la vue, les vues, qui changent à chaque colline, sur les collines voisines et sur le troublant, turbulent Pacifique qui invite inévitablement à plonger dans des songes.

Je vous raconterais les balades aux côtés des mouettes qui vous réveillent chaque matin, des pélicans pêcheurs, des otaries danseuses et dormeuses.  Je vous raconterais cette transition spectaculaire le long de la côte jusqu’à Viña del Mar, riche ville voisine, située au-bas des vignes, bâtie au fil des années à l’image des villes de la côte ouest des États Unis, avec ses allées de palmiers, ses plages, son casino, ses hôtels de luxe, ses immeubles d’appartements, ses centres commerciaux.

Je vous raconterais ces rencontres, belles, simples mais si riches, si intenses et surtout si spontanées, avec ceux qui y vivent et ceux qui y passent, comme si Valpo s’était donné le pouvoir de tout décupler, en nous, par nous, entre nous.

Car au final, pour dire Valparaíso, il m’est plus facile de vous raconter les yeux qui s’écarquillent, les narines qui se braquent, les oreilles qui frétillent, les lèvres qui s’étirent en sourire, qui facilement s’enlacent, les bras qui s’ouvrent, qui généreusement s’embrassent, les pupilles qui se dilatent.  Il m’est plus facile de vous raconter le coup de foudre, le coup de cœur, le coup d’amour avec cette ville enchanteresse, au charme improbable, prenant, stimulant, au charme hors du temps.






🎧 A écouter — musique associée à ce billet :


Valpo en quelques images

Je vous conseillerais de cliquer sur une image pour la voir en plein écran et faire défiler vers les autres images...

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