samedi 27 janvier 2018

La Patagonie Chilienne en bateau

La traversée en quelques mots

Trois jours et trois nuits sur un bateau, sur un ferry, pour traverser la Patagonie Chilienne en naviguant sur les canaux entre les îlots de collines, de montagnes et de glaciers, dont elle est constituée.  A bord d’un gros bateau, un ferry commercial, accueillant quelques touristes curieux de cette experience maritime de la Patagonie, mené par un capitaine agréablement hors du commun.  Il a l’humour froid, la familiarité, le regard et l’intelligence qui vont avec.

Les journées se construisent au rythme des repas dans le réfectoire, suivis de conférences sur la flore et la faune.  Je croyais que ces jours me donneraient le temps de dormir, de rembourser mes prêts à la banque du sommeil et peut-être de m’ennuyer un peu, mais non.  Il y les repas, les conférences, les créneaux où il est possible de rejoindre le pont supérieur aux côtés du capitaine et de son équipe, les heures à contempler les îlots-collines, à guetter toute forme de vie tout autour, dans le froid, dans le vent, parfois sous la pluie, et les heures d’échanges avec d’autres voyageurs. Car les longues heures sur un bateau nous rapprochent les uns des autres.  Sylvain, Aurore, Léa, Florian, deviennent des compagnons de navigation, de repas, d’heures de mirage sur le pont, de franches rigolades aussi, dans le vent froid ou dans le réfectoire chaud.

Un après-midi puis une nuit mouvementés sur le Pacifique retournent les cabines, les placards, les chaises et l’estomac de beaucoup de voyageurs.  Nous sommes quelques autres à dormir imperturbablement cette nuit, bercés et élevés en légères lévitations par les vagues.  Le retour au calme est largement bien accueilli.  Un arrêt à Puerto Eden, port d’élevage de saumon, habité, pommé sur un îlot au milieu de tous ces autres îlots froids, sauvages, vierges et luxuriants, donne à rêver, à s’imaginer débarquer là, s’y installer une semaine jusqu’à l’arrivée du prochain bateau, et vivre, et ressentir ce monde loin de tout.

Après des journées de ciel gris, qui s’allongent de plus en plus à cette période de l’année en se dirigeant vers le Sud, l’arrivée à Puerto Natales se fait par ciel bleu non sans raffales.  Le vent rend l’amarrage impossible, non-autorisé du moins.  Cela rajoute quelques heures et un déjeuner sur ce gros bateau, avant de débarquer par un après-midi de grosses pluies, au cœur de la Patagonie Chilienne, découvrant par la même occasion le microclimat d’ici.

La traversée en quelques images



« Les iguanes étaient moches »

Sur ce bateau, comme souvent en voyage, l’expérience humaine entre voyageurs est riche.  Chacun a son histoire, son itinéraire, au sein d’une expérience de vie d’intensité quotidienne qui nous rend meilleurs, nous enlève nos œillères, nous apprend à ou nous permet de prendre le meilleur de ce que les situations et les autres ont à nous offrir. Ce, au moins le temps que dure l’expérience, le voyage, l’aventure.  Quelques exceptions confirment cette règle.  Je le relève dans le seul but de figer l’instant surréel me plongeant dans un fou rire sain lors de cette traversée.  J’entends une dame, francophone, éternelle instasisfaite râleuse, ayant fait prisonnière de sa conversation une pauvre autre francophone, se plaindre des excursions précédentes de son voyage.  Elle décrit tout ce qui n’allait pas, le temps, le prix, pas assez de flamants et « les iguanes étaient moches »...  Alors oui, lorsqu’on est malheureux, que l’on s’enferme dans cet état, qu’on se laisse envahir par l’aigreur, les iguanes sont moches et baissent le rapport qualité-prix de son voyage.  En pouffant, en essayant de me retenir, en me relâchant avant de virer au violet, en me levant brusquement pour traverser rapidement la salle, ne pouvant me contenir, je préfère en rire.


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2 commentaires:

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